Mais où est passé le temps où rien ne me faisait pleurer? 2oo6 commence avec un goût amer de clope froide dans la bouche; j'attends comme une Desperate Housewife que revienne le soleil. Mais contrairement aux Desperate Housewives, je n'ai pas de maison à brûler ni de jardinier avec qui m'envoyer en l'air quand j'en ai envie, comme ça, là tout de suite. Non. Que dalle. A la place, je dois me faire violence pour poser mes fesses sur une selle de vélo qui m'amène vers une faille spatio-temporelle, là où les minutes sont des heures et où les cours seraient sûrement utiles pour un tortionnaire en mal d'inspiration. L'idée de sortir me donne de l'urticaire, je me transforme en vieille fille aigrie que rien ne dérange lorsque je me pose les samedis soir devant mes Divx pour m'empiffrer de pizza et autres réjouissances supra-caloriques. Rien.
Côté amûûr comme dirait l'autre, un éléphant de mer doit être indubitablement plus actif que moi, c'est dire. Comme chaque année, les clans pro fête des amoureux vont se heurter à ceux qui préfereraient voir Cupidon se faire mettre à tabac. Chacun fait son choix, qu'il soit décidé ou imposé. Pour ma part, ce sera encoOore une période prompte à la paranoïa lorsque je déambulerais devant des vitrines roses et rouges exhaltant qu'être deux c'est bien. C'est ça, il ne faut surtout pas rater une occasion de me rappeler que je suis une nouille doublée d'une godiche qui n'est même pas capable d'aller parler à un idiot lorsque le hasard me le met bien en évidence devant mes prunelles. Et puis, ce qui serait bien, c'est qu'il sorte de son mutisme semi-comatique. Juste une fois, pour voir. Parce que je crois que les nuit passées avec mon chat arrivent à leur fin; non pas que je renie cette boule de poils, mais je préfère quand même un autre genre de bête poilue, qui parle et fait des câlins, elle. Non, je ne suis en rien aigrie. Je constate, c'est tout. Plusieurs fois j'ai envisagé le viol pour qu'il se mette à réagir. Mais tout bien réflechi, sauter sur un mec d'1m90, ce serait à mes risques et périls. Et puis niveau approche, on atteindrait le stade néant en ce qui concerne une hypothétique suite. Voilà le genre de plan sur la comète que je me monte toute seule, dans mon coin, avec un sourire machiavélique suivi généralement d'un soupir désespéré.
Mais j'ai quand même des projets, bien qu'en ce moment je ne sois pas d'humeur particulièrement folichonne. Je veux être prise dans ce p***** de Louvre, même si je dois avoir recours au terrorisme. Je veux persister dans ma desperate-attitude, à savoir essayer de deviner pourquoi j'ai la poisse et pourquoi l'objet de ma desperate-attitude fait l'autruche muette.Je veux aimer, chose qui n'est pas problématique: c'est l'objet de cette chose qui l'est, vu que rien ne se passe, et ce peu importe où je me tourne. Je veux maigrir, même si c'est pour personne.Je veux continuer à pleurer quand rien ne va.
Je veux essayer de croire que ça ira mieux bientôt.